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Le blog de l'association "SOS TER de la Bresse"

Les nouveaux horaires cadencés améliorent le service aux usagers, selon la SNCF, mais pas partout. Sur la ligne TER de la Bresse, le Conseil régional de Bourgogne a supprimé un tiers des trains circulant entre Seurre et Bourg, ou il les a remplacés très partiellement par des autocars. Bénéficiant de l'appui des acteurs socio-économiques et des élus bressans, les usagers ont créé un collectif en février 2011. La même année, en octobre, ils se sont constitués en Association.

La réponse de François Patriat à Arnaud Montebourg

patriat2Arnaud MONTEBOURG, Député de la Saône et Loire, Président du Conseil Général, a adressé le 5 avril une lettre à François PATRIAT, Président du Conseil Régional de Bourgogne, pour lui demander de réexaminer le projet de réduction des dessertes de la ligne de la Bresse.

 

La réponse de François PATRIAT était rendue publique dès le 7 avril dans la presse.

 

Le Président du Conseil Régional reprend dans sa réponse l'argumentation déjà invoquée par les élus, représentants de la Région, lors des diverses réunions : celle de la bonne utilisation des deniers publics en procédant à l'évaluation de ses actions. La Région, jugeant le nombre d'usagers insuffisant, a décidé d'ajuster les dessertes et de mettre en place des autocars de remplacement. M. PATRIAT récapitule ensuite les concessions mineures  faites lors de la réunion du 4 avril (obtenue lors du comité de ligne du 28 mars qui avait tourné au dialogue de sourds entre les usagers et les représentants de la région). Puis il conclut : « Ces adaptations permettent de prendre en compte les besoins exprimés par les usagers, tout en garantissant un bon usage des deniers publics. »

 

 

Selon M. PATRIAT, seule «une vingtaine de voyageurs réguliers » seraient concernés. Il est à craindre que M. PATRIAT soit assez mal renseigné sur la réalité de la pénalisation subie par les Bressans, telle qu'elle s'est exprimée dans plusieurs pétitions, et lors du comité de ligne du 28 mars , pourtant largement relayé par la presse.

 

Derrière les propos de M. Patriat, qui se veulent sans doute rassurants, se profile en réalité une menace bien plus inquiétante : la disparition à terme du service voyageurs sur la ligne de la Bresse.

 

(suite de l'article ici)

 

Le scénario habituel ne manquerait pas en effet de se reproduire : remplacement des liaisons ferroviaires par des autocars, lesquels sont de moins en moins empruntés car malcommodes et peu sûrs, puis suppression de ces autocars pour manque de voyageurs, tandis que la réduction des dessertes par train entraîne mécaniquement une baisse de la fréquentation ; d'où nouveaux remplacements par des cars, et ainsi de suite jusqu'à la fermeture complète de la ligne au service voyageurs.

 

Nous sommes par ailleurs surpris que M. Patriat ne mentionne que les utillisateurs « réguliers » du service. Selon nous, les usagers « irréguliers » ont des besoins de transport aussi légitimes que les « réguliers » et devraient à ce titre mériter également l'intérêt de la Région.

 

Nous partageons le souci de la Région de bonne gestion des deniers publics, cependant, nous faisons valoir que certains critères d'évaluation ne semblent pas être entrés en ligne de compte. Par exemple :

  • le caractère redistributif des prestations de service public, qui profitent aux plus démunis, lesquels sont donc les premiers touchés par leur diminution ;

  • le caractère structurant du chemin de fer pour les territoires ;

  • les impératifs de développement durable.

Nous avons le sentiment que ces arguments, qui ont été développés dans la  lettre ouverte du Collectif des usagers à M. PATRIAT , n'ont pas été pris en compte.

 

Dès lors, nous maintenons les demandes qu'elle contient :

  1. le maintien de l'intégralité des trains existants, sans rupture de charge ;

  2. l'amélioration des horaires dans le cadre d'une concertation effective avec les usagers ;

  3. le développement de la ligne avec notamment l'extension de la desserte vers Lyon et Genève sans rupture de charge.