Overblog Suivre ce blog
Editer la page Administration Créer mon blog
Le blog de l'association "SOS TER de la Bresse"

Les nouveaux horaires cadencés améliorent le service aux usagers, selon la SNCF, mais pas partout. Sur la ligne TER de la Bresse, le Conseil régional de Bourgogne a supprimé un tiers des trains circulant entre Seurre et Bourg, ou il les a remplacés très partiellement par des autocars. Bénéficiant de l'appui des acteurs socio-économiques et des élus bressans, les usagers ont créé un collectif en février 2011. La même année, en octobre, ils se sont constitués en Association.

Déclaration d'Alain Cordier lors du dépôt d'un amendement budgétaire en faveur du TER à l'Assemblée Générale du Conseil Régional le 27/06/2011

Budget supplémentaire 2011

Session du 27 juin 2011

MAINTIEN DES TRAINS TER

 

Nous changeons d’époque, bien des domaines fonctionnent encore sur un mode ancien alors qu’il nous faudra un nouveau scénario énergétique, des modes de production et de consommation adaptés, une nouvelle manière de nous déplacer … Les écologistes pensent qu’il est urgent de préparer la Bourgogne aux changements, qu’il faut anticiper afin de réduire les impacts négatifs, en particulier pour ceux qui ont des revenus bas ou moyens.

 

Chacun de nos actes budgétaires doit être un acte fort en ce sens. La Bourgogne a des atouts, mais son tissu rural est fragilisé chaque fois qu’un service public est remis en cause : hôpitaux, agences postales, écoles, tribunaux, perceptions … Souvent l’Etat est en cause. Concernant les transports collectifs, la région ne doit pas ajouter au désarroi. Les usagers, les acteurs économiques et les élus de la Bresse ont réagi fortement après la suppression de 2 des 6 allers-retours entre Seurre et Bourg en Bresse.

 

C’est dommage, parce que conseil régional avait fait un effort considérable depuis 2004, en augmentant de 50% le budget TER. Cet effort, nous l’avons toujours soutenu bien sûr, il doit demeurer un des points d’accord de la majorité.


Pourtant, sur ce chapitre des transports, nos divergences se maintiennent ou se creusent, nous ne désespérons pas de voir progresser par le débat une position plus nuancée, plus médiane. J’ai détaillé ici à plusieurs reprises notre étonnement face à des politiques très généreuses pour le transport aérien, les routes, les lignes à grande vitesse, quand les moyens manquent et obligent à des suppressions de TER.

 

Nous avons voté certaines suppressions concernant des trains vraiment très peu fréquentés donc polluants, avec des motrices diésel. En revanche, sur la ligne de la Bresse, électrifiée, lorsqu’on supprime un tiers des allers retours, indispensables à des centaines de travailleurs, d’étudiants, de personnes âgées venant se soigner à Dijon, on n’est plus dans le développement durable.

 

Citons un seul exemple : le train quotidien partant de Louhans à 8 h, arrivait à Dijon 1h 13 plus tard : il permettait des trajets domicile-travail concurrentiels par rapport à la route. Il faudrait désormais pour les usagers concernés prendre le train 18 minutes plus tôt pour arriver 13 minutes plus tard, avec un changement à Seurre pour prendre un bus. Le trajet serait, au mieux, allongé de 31 minutes, si les conditions de circulation le permettent. Ce trajet nouveau moins confortable et moins sûr, en 1h 44, n’a plus la fiabilité requise pour se rendre au travail.

 

Monsieur le Président, vous êtes venus à Louhans vendredi dernier et deux aménagements ponctuels atténuant la gêne de certains usagers ont été décidés. Le collectif des usagers de la ligne de la Bresse réagit positivement à ces modifications réalisées à budget constant, et vous demande de continuer à étudier finement ces dessertes en remettant d’un an les suppressions initialement prévues. Ce report permettra de réaliser des comptages fiables sur la région, alors que nous avons relevé de graves anomalies dans les méthodes d’évaluation des fréquentations.

 

L’existence de trains fréquents et commodes est un élément essentiel de l’attractivité du transport ferroviaire, et si l’offre est altérée, il est à craindre de nouvelles défections et un effet boule de neige aboutissant à de nouvelles suppressions : ce serait absurde alors que des investissements importants ont amélioré les gares et les matériels !


C’est pourquoi nous déposons l’amendement suivant :


Il est proposé à l’Assemblée de centrer nos priorités sur la recherche d’une progression des TER. Cela passe par l’optimisation de l’existant et par le renoncement aux projets de suppressions des trains sur la ligne de la Bresse initialement prévus pour décembre 2011.

Les coûts affectés au maintien de mise en service de ces trains s’élèvent à 900 000 euros

Il est proposé que les sommes prévues en 2010 pour ce secteur puissent être reconduites dans le cadre du budget supplémentaire 2011.

 

Pour le groupe Europe Ecologie Les Verts,

ALAIN CORDIER